Par masques, nous entendons le visage seul dépouillé de tout élément. L'artiste isole simplement les traits du visage, opérant ainsi à une galerie de portraits. L’oeuvre est composée de quatre-vingts masques, d’abord conçus individuellement puis réunis dans un amas désordonné de visages.
Sur la colonne, figurent dix graveurs, neuf architectes, onze sculpteurs et vingt cinq peintres répartis sur l'ensemble du tronc selon quatre grands axes verticaux.
Parmi les artistes placés par Bloch sous les attributs académiques sont en large majorité les peintres. Au sommet, Jean-Auguste Dominique Ingres (1780-1867), Eugène Delacroix (1798-1863), Camille Corot (1796-1875), Ernest Meissonier (1815-1891), Charles Meyron (1821-1868), Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) et François Rude (1784-1875).
Ensuite, nous comptons sur l'oeuvre des architectes de renom ayant oeuvré pour des commandes officielles comme Félix Duban (1798-1870), Henri Labrouste (1801-1875), Charles Girault (1851-1932), Eugène Viollet-le-duc (1814-1879) et Victor Laloux (1850-1937).
S'en suivent les sculpteurs qui firent également tous l'objet d'achat ou de commandes de l'Etat :
François Rude, Jean-Baptiste Carpeaux, Antoine Barye (1795-1875), Pierre-Jean David d’Angers (1898-1956), Alexandre Falguière (1831-1900), Emmanuel Fremiet (1824-1910) Albert Bortholomé (1848-1928), Anthonin Mercié (1845-1916), Jean-Antoine Injalbert (1845-1933) et Auguste Rodin.
Il en va de même pour les peintres Charles Méryon (1821-1868), Claude Monet (1840-1926), Gustave Courbet (1819-1877), Edouard Manet (1832-1883) et Auguste Renoir (1841-1919).
Tous ces masques surgissant de la colonne irrégulière présentent une expressivité contenue, evoquant les traits de génie de ces artistes. Cette galerie de portraits révèle donc un choix objectif de la part de l'artiste de rendre hommage à des artistes déjà consacrés par la reconnaissance officielle et le succès public, ne laissant pas de place à ses goûts personnels et ses influences.